Les anciennes grandes familles algéroises (XIXe siècle) – 1ère partie-

11 06 2017

 

 

 

 

Au lendemain de la chute d’Alger le 5 juillet 1830, les janissaires furent expulsés immédiatement. On les embarqua sur des bateaux qui devaient les conduire en Asie. Beaucoup de familles turques voulurent partager leur sort. Les unes allèrent en Syrie, d’autres en Égypte, quelques-unes aussi à Tunis, fort peu au Maroc.

La plupart, enfin, restèrent encore un certain temps à Alger. Mais après avoir triplé leurs revenus par la location ou la vente de leurs propriétés, elles quittèrent le pays, en tâchant d’entraîner avec elles en pays musulmans certains de leurs compatriotes.

 

 

 

 

 

 

 

Familles turco-arabes restées à Alger

 

 

Parmi les plus importantes familles qui acceptèrent la domination française et qui conservèrent longtemps quelque splendeur, il faut citer, en première ligne, celle des princes Mustapha, descendant de l’ancien dey, qui édifia le palais dans lequel était installée la Bibliothèque nationale (à l’époque coloniale).

 

 

 

 

 

MUSTAPHA PACHA : Ancien charbonnier, complètement illettré (d’après M. le commandant Rinn, ancien chef du bureau central des Affaires indigènes), il était sans l’ombre d’une qualité; on le disait à moitié fou; il passait, en outre, pour très poltron. Il fut d’abord khaznadji sous son oncle, Hacen Pacha. Il ne voulait pas être dey et chercha à mettre à sa place l’agha des Arabes, l’oukil el-hardj ou le beit el-mal. Ces derniers refusèrent et firent proclamer Mustapha ben Ali, plus souvent désigné sous le nom de Mustapha Pacha. Il régna huit ans, de 1212 à 1220 de l’hégire (1798-1805).

Il commença d’abord par dévaliser son oncle maternel, le khaznadji, et persécuta sa famille qui avait mis ses richesses à l’abri; fit périr sous le bâton plusieurs de ses ennemis, et exigeait des cadeaux et de l’argent des consuls étrangers et des notables musulmans. Il était l’ami de la France; aussi le consul de cette nation, obéissant aux ordres de son gouvernement, sut résister à ses exigences; mais le consul d’Angleterre le combla de présents, pour obtenir ses bonnes grâces en faveur de ses nationaux.

  

 

 

 

Les anciennes grandes familles algéroises (XIXe siècle) - 1ère partie-  dans Architecture & Urbanisme 1495021677-s-l1600

Ancien Palais de Mustapha Pacha / Alger 1880

 

  

 

 

 

Pendant son règne, Busnach, devenu trop arrogant, fut tué par un janissaire, et les juifs furent massacrés par les Maures, Kabyles, Biskris et Mozabites. Pour sauver sa tête, Mustapha dut s’incliner devant cette rébellion: en guise de pardon, il envoya son chapelet à l’assassin. Le corps de Busnach fut exposé à la porte Bab-Azzoun. 

 

 

Chaque vendredi, le pacha apportait aux femmes de son harem, pour se parer, un grand coffre rempli de joyaux toujours nouveaux; ils étaient en si grand nombre que beaucoup restaient sans emploi. 

 

 

Le présent que Mustapha fit à la Porte, lors de son avènement, dépassa de beaucoup celui de ses deux prédécesseurs. Il s’éleva, dit-on, à près d’un million; mais il faut dire qu’il lui coûta peu, puisqu’il provenait, en grande partie, des diamants et des objets précieux qu’il venait de recevoir lui-même, comme tributs ou comme cadeaux, des puissances européennes. 

 

Pour se distraire, il se promenait un jour dans le Hamma (jardin d’Essai), lorsqu’un yoldach, dissimulé derrière un arbre, tira sur lui et le blessa. Ses soldats voulurent le venger séance tenante et massacrer l’assassin; il s’y refusa et leur intima l’ordre de se retirer à la caserne des Qechaïria. 

 

 

Moins heureux plus tard, il ne put échapper à une autre tentative. Le 30 août 1803, des soldats, excités contre lui par un de ses ennemis, Ahmed Khodja, un defterdar destitué qui voulait lui succéder, l’assaillirent; et l’un d’eux, d’un coup de yatagan, le fit tomber à côté de la mosquée de Sidi Ouali Dada, près la Cathédrale actuelle, où il se rendait pour faire sa prière. On l’enterra d’abord au cimetière de Bab-Azzoun puis à la mosquée de Sidi Abderrahmane, où se trouve maintenant la sépulture de sa famille. 

 

 

Ahmed Khodja s’empressa de s’emparer de treize coffres contenant le trésor de son prédécesseur. Ils renfermaient des pièces rares et curieuses, qui ont depuis disparu; mais en cherchant, à la longue, on en retrouverait peut-être des traces dans les inventaires des anciennes archives musulmanes.

 

 

Mustapha était fort jaloux: il renfermait ses femmes et leurs esclaves dans la maison qui servait autrefois de Cour d’assises à Alger. Personne ne pouvait y pénétrer ou en sortir. Suivant l’un de ses descendants, les portes étant closes, c’est par les toits que le ravitaillement se faisait.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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