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Avènement de l’Emir Abou Yahya Ibn Abd El Hack, fondateur de L’EMPIRE MÉRINIDE

4 01 2017

 

 

 

 

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Drapeau des Mérinides

 

 

 

 

 

Abou-Yahya, fils d’Abd-el-Hack, fut nommé émir des Beni Merîn l’an 642 (1244-5). Vivement préoccupé des intérêts de son peuple, il commença son règne par concéder à chaque grande famille mérinide une portion du territoire maghrébin, avec le droit d’en jouir à perpétuité et de s’approprier les impôts que payaient les tribus de cette localité. Ainsi favorisées, ces familles eurent des moyens suffisants pour équiper et monter tous leurs hommes de guerre et pour organiser leurs dépendants en corps de fantassins. De cette manière, le nombre des troupes mérinides fut considérablement augmenté.

 

La jalousie se mit alors parmi les tribus mérinides, et les Beni Asker, qui étaient passé du côté des Almohades, entraînèrent ceux-ci dans une guerre contre Abou-Yahya et les Beni Hammama. Sur l’invitation du gouvernement almohade, Yaghmoracen-Ibn-Zian amena toutes ses forces à Fez et se plaça sous les ordres du général qui y commandait. De même que les Beni Asker, il consentit à fournir des otages comme garants de sa fidélité et du zèle qu’il mettrait à combattre les partisans de l’émir Abou-Yahya. Le chef almohade se mit à la tète de l’armée combinée et passa dans la province de Garet, après avoir traversé le Ouergha; mais, ayant vu que l’ennemi évitait sa rencontre, il reprit la route de Fez. Yaghmoracen, qui venait d’être averti que les Almohades tramaient sa perte, profita de cette occasion pour décamper avec ses troupes et celles des Beni Asker. L’émir Abou-Yahya marcha au-devant d’eux jusqu’à la rivière Sebou, mais il n’osa pas engager le combat. Les Almohades, de leur côté, se mirent à la poursuite des transfuges, puis, ils rebroussèrent chemin, parce que le bruit s’était répandu dans leurs rangs que le sultan Es-Saîd venait de mourir. Anter l’eunuque, client du khalife et général de ses armées, reçut alors l’ordre de partir avec une bande d’archers et un peloton de la milice chrétienne, afin de ramener les Abd el Ouad et les Beni Asker par la voie de la persuasion; mais ceux-ci s’emparèrent de lui et de son escorte, tuèrent les chrétiens et retinrent prisonniers les autres soldats, avec l’intention de les échanger contre les otages qu’ils avaient livrés aux Almohades. S’étant ainsi fait rendre leurs enfants, les Beni Asker rentrèrent sous l’autorité de l’émir Abou-Yahya, pendant que Yaghmoracen continuait sa marche vers Tlemcen.

 

Les Beni-Merîn cherchèrent alors à consolider leur puissance et visèrent à la possession des grandes villes du Maghreb, après en avoir occupé les provinces. Conduits par Abou-Yahya, ils pénétrèrent dans la montagne de Zerhoun et sommèrent les habitants de Meknès à reconnaître la souveraineté de l’émir Abou-Zakaria, seigneur de l’Ifriqiya. Il faut savoir qu’à cette époque, Abou-Yahya admettait la suprématie du khalife hafside. Ayant investi la ville de manière à lui couper les vivres, cet émir harassa les habitants par de fréquentes attaques et les contraignit ainsi à capituler. Ce fut par l’entremise de Yacoub Ibn Abd-el-Hack, frère d’Abou-Yahya, qu’Abou l’Hassan Ibn Abi el Afïa, gouverneur de la place, fut amené à se rendre. Le cadi Abou el-Motarref Ibn Omeira dressa, au nom des habitants, l’acte par lequel ils offraient à l’émir Abou-Zakaria l’assurance de leur dévouement. Pour récompenser les bons services de Yacoub, le sultan [son frère] lui concéda un tiers de l’impôt fourni par la ville conquise. Dès lors, Abou-Yahya ressentit les mouvements de l’ambition ; et, voyant sa tribu animée par l’esprit de la domination, il s’entoura des insignes de la royauté.

 

 

Consterné de la perte de Meknès, le khalife Es-Saîd convoqua ses grands officiers et leur fit un discours dans lequel il exposa comment l’empire s’était avancé pas à pas vers sa ruine:

« Le fils d’Abou-Hafs, leur dit-il, nous enleva l’Ifriqiya; Yaghmoracen-Ibn-Zîan et ses Beni-Abd-el-Ouad détachèrent ensuite de notre royaume la province du Maghreb central et la ville de Tlemcen; ils y proclamèrent même la souveraineté du chef hafside et lui firent espérer qu’avec leur appui, il  pourrait effectuer la conquête du Maroc. Ibn-Houd nous arracha [une parti de] l’Espagne pour y faire reconnaître la suprématie des Abbassides ; et, dans une autre partie du même pays, Ibn-el-Ahmer s’est posé comme partisan des Hafsides. Voici maintenant les Beni-Merîn qui ont soumis les campagnes du Maghreb et qui aspirent à posséder nos villes. Leur émir, Abou-Yahya, vient de prendre Meknès, d’y établir l’autorité des Hafsides et de s’arroger les insignes de la royauté. Si nous souffrons davantage ces humiliations, si nous fermons les yeux sur des événements aussi graves, c’en est fait de  notre empire et peut-être même de notre religion. » A ces paroles, les assistants poussèrent un cri de douleur, et, brûlant d’indignation, ils demandèrent à marcher contre l’ennemi.

Es-Saîd se hâta de rassembler les contingents arabes, les troupes almohades et les tribus masmoudiennes; puis, en l’an 645 (1247-8), il se mit à leur tête et quitta Maroc. Son but était de reprendre Mequinez aux Beni-Merîn, d’enlever ensuite la ville de Tlemcen à Yahmoracen et de terminer sa campagne par la conquête de l’Ifriqiya. Il était déjà parvenu à la rivière Beht, et il passait ses troupes en revue, quand Abou-Yahya pénétra dans le camp sous un déguisement. A l’aspect d’une force aussi imposante, l’émir mérinide reconnut l’impossibilité d’y résister ; et, s’étant rendu à Tazouta, dans le Rîf, il envoya aux diverses fractions des Beni-Merîn l’ordre de venir le rejoindre.

 

Quand Es-Saîd parut sous les murs de Mequinez, les habitants se hâtèrent de lui offrir leur soumission et d’implorer une amnistie. Pour exciter sa commisération, ils envoyèrent au-devant de lui leurs enfants, portant chacun un Coran sur la tête; à côté d’eux, marchèrent les femmes souillées de poussière, la figure découverte, les yeux baissés, et témoignant par leur air humble et soumis, de toute la profondeur de leur affliction. Le sultan accueillit cette députation avec bonté et fit grâce à tous les habitants. Il se dirigea ensuite vers Tèza, où il espérait atteindre les Mérinides; mais Abou-Yahya s’était empressé de les emmener vers le pays des Beni-lznacen. Ce prompt mouvement du chef mérinide eut lieu à la suite d’une communication secrète par laquelle Mohîb, chef des Beni-Autas, l’avait averti que cette tribu complotait sa perte par haine et par jalousie. Arrivé à Aïn-essefa, Abou-Yahya réfléchit sur sa position et vit la nécessité de faire la paix avec les Almohades. D’après ses ordres, les cheikhs mérinides partirent pour Tèza, afin de présenter à Es-Saîd la soumission de leur peuple et de s’engager à marcher contre Yaghmoracen. Le sultan almohade agréa cet offre et consentit à oublier les méfaits1 dont ils s’étaient rendus coupables; mais comme ils lui proposèrent ensuite de se charger eux-mêmes du soin de mettre les Beni Abd el-Ouad à la raison, pourvu qu’il leur fournît un corps de lanciers et d’archers, il y soupçonna un piège enfanté par cet esprit de corps qui porte les tribus de la même race à se soutenir entres elles; aussi, leur ordonna-t-il devenir et de marcher sous ses ordres. Abou-Yahya choisit alors dans les tribus mérinides cinq cents guerriers et chargea son cousin, Abou-Aïad-Ibn-Yahya, petit-fils d’Abou-Bekr-Ibn-Hammama, de les conduire au camp almohade. Es-Saîd les rangea sous ses drapeaux et partit de Tèza avec l’intention de passer jusqu’à Tlemcen et même plus loin; mais il fut tué dans la montagne de Temzezdekt par les Beni Abd el-Ouad. L’armée almohade décampa alors précipitamment et prit la route de Maroc après avoir reconnu pour chef l’émir Abd-Allah, fils d’Es-Saîd, qui avait pris part à cette expédition en qualité d’héritier du trône.

 

Abou-Yahya apprit cette nouvelle chez les Beni-Iznacen où son cousin, Abou-Aïad, était venu le rejoindre avec la troupe mérinide qu’il avait emmenée pendant la confusion causée par la catastrophe de Temzezdekt. Sans perdre un instant, il alla se poster à Guercif pour y attendre l’armée almohade, et, au moment où elle passait, il l’attaqua vigoureusement et la mit en pleine déroute. L’équipage du sultan, les bagages et les armes des troupes tombèrent au pouvoir du vainqueur; la milice chrétienne, ainsi que le corps d’archers ghozzes, entrèrent au service des Mérinides. L’émir Abd-Allah perdit la vie dans cette mêlée sanglante. Dès lors, il ne resta plus aux Almohades le moindre espoir de rétablir leur domination.

 

Abou-Yahya envahit aussitôt le Maghreb pour ne pas donner à Yaghmoracen le temps d’y pénétrer, car il savait comment les Almohades avaient enseigné aux Abd el-Ouadites le chemin du pays. En effet, cette dynastie les avait employés à combattre les Beni-Merîn, et elle avait permis que toute la région située entre Tèza, Fez et El-Kasr, fût violée et foulée aux pieds par les troupes de Yaghmoracen. Ce chef et sa tribu espéraient bien s’emparer du Maghreb entier, mais leurs tentatives échouèrent toujours contre la valeur des Beni-Merîn.

 

Abou-Yahya commença alors ses opérations par la conquête du territoire des Outat et par la prise des bourgades que cette tribu possédait sur le Molouïa. Après avoir soumis la montagne occupée par le même peuple, il marcha sur Fez afin de l’enlever aux descendants d’Abd-el-Moumen et d’y faire proclamer la suprématie du khalife hafside, ainsi que dans tous les pays voisins. Etant arrivé avec sa cavalerie devant la ville, qui avait alors pour gouverneur le cîd Abou l’Abbas, il y pratiqua des intelligences et fit promettre aux habitants une administration paternelle dont ils n’auraient qu’à se louer et une protection efficace contre toute espèce de violence. N’ayant plus aucun espoir d’être secourus par les Almohades, ils acceptèrent avec empressement les offres de l’émir et renoncèrent à la dynastie d’Abd-el-Moumen pour celle des Hafsides. Abou-Mohammed el Fichtali [personnage vénérable par la sainteté de sa vie] se rendit auprès d’Abou-Yahya et lui fit prendre Dieu à témoin qu’il remplirait ses engagements par le soin qu’il aurait des habitants de Fez, par la protection qu’il leur accorderait et par sa> conduite juste, paternelle et généreuse à leur égard. La démarche de ce saint homme amena la solution de cette affaire difficile ; elle attira même sur les parties contractantes une bénédiction dont les bons effets s’étendirent à leur postérité. Ce fut à Er-Rabeta, en dehors de la porte de Fotouh que l’on prêta le serment de fidélité à l’émir Abou-Yahya. Au commencement de l’an 646, deux mois seulement après la mort d’Es-Saîd (août /sept. 1248), on installa dans la citadelle de Fez le premier souverain mérinide. Le cîd Abou l’Abbas eut l’autorisation de se retirer, et il se fit prêter une troupe de cinquante cavaliers pour l’escorter jusqu’à l’autre côté de l’Omm-Rebiâ.

 

 

Après avoir effectué cette conquête, l’émir Abou-Yahya marcha sur Tèza, ville où le cîd Abou-Ali exerçait le commandement. Quatre mois de siège suffirent pour la réduction de ce ribat; et, comme la garnison s’était rendue à discrétion, on en passa une partie au fil de l’épée. Abou-Yahya répara les fortifications de Tèza; et quand il eut rétabli l’ordre dans les environs, il le concéda, avec les bourgades du Molouïa, à son frère Yacoub Ibn Abd-el-Hack. Rentré à Fez, il reçut une députation de cheikhs appartenant à la ville de Mequinez, qui vinrent lui offrir leurs hommages et renouveler leur serment de fidélité. Peu de temps après, Salé et Ribat-el-Feth lui envoyèrent leur soumission.

 

Devenu maître des quatre principales villes du Maghreb et de toutes les campagnes de ce pays jusqu’à l’Omm-Rebiâ, l’émir Abou-Yahya y fit proclamer la suprématie du khalife hafside, et il en instruisit ce prince par l’envoi d’une ambassade.

Les Beni-Merîn prirent ainsi possession du Maghreb-el-Acsa, pendant que les Beni Abd el-Ouad occupaient le Maghreb central, que les Hafsides tenaient l’Ifriqiya et que l’empire fondé par Abd-el-Moumen penchait vers sa ruine.

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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