Islam Akhun

26 07 2016

 

 

 

Vers la fin du XIXe siècle, apparurent pour la première fois dans les bazars des oasis du Turkestan quelques manuscrits anciens, rédigés dans des langues inconnues et qui avaient été retrouvés par hasard par les pilleurs de trésors locaux. Le plus célèbre de ces manuscrits, appelé manuscrit Bower du nom du jeune lieutenant anglais qui l’acheta, fut déchiffré par l’orientaliste anglo-allemand Augustus Rudolf Hoernle.il s’agissait de plusieurs textes incomplets de médecine et de nécromancie datant du Ve siècle, écrits en sanscrit avec l’alphabet brahmani.  La découverte de ce qui était à l’époque l’un des plus anciens documents au monde provoqua une véritable chasse aux manuscrits parmi les orientalistes et archéologues  occidentaux. Quant aux pilleurs de trésors d’Asie centrale, il ne leur fallut pas longtemps pour comprendre l’intérêt financier que représentaient soudainement ces vieux papiers qu’ils considéraient autrefois comme étant sans valeur.

 

 

 

 

 

 

Islam Akhun  dans Histoire 1478970649-160725030538979359 

Photo d’Islam Akhun prise par Stein en 1900

 

 

 

 

 

 

L’une des sources principales de manuscrits fut un certain Islam Akhun, un marchand de Kashgar, qui avait fourni entre 1895 et 1898 une quantité de documents à Rudolf Hoernle ainsi qu’à George Macartney et à Nikolaï Petrovski, les consuls britannique et russe à Kashgar. Plusieurs de ces textes posaient des problèmes considérables aux spécialistes qui ne parvenaient pas à les déchiffrer et qui commencèrent à douter de leur authenticité. Ce fut Aurel Stein, lors de sa première expédition, qui parvint à élucider le mystère en découvrant que la fameuse « bibliothèque » d’Islam Akhun, située entre Hetian et Guma, n’était rien d’autre qu’une étendue de sable vide.

 

 

 

 

 

 

 

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Document falsifié et vendu par Islam Akhun à George Macartney à Kashgar 1896

 

 

 

 

 

 

 

Mis en présence des preuves de la falsification de ces documents, Akhun expliqua à Stein comment il avait procédé. Au désespoir de retrouver de véritables manuscrits à vendre aux étrangers, lui et son associé avaient décidé de créer les leurs. Le premier fut rédigé à la main, en employant divers caractères que les orientalistes prirent pour une forme d’ancien grec. Réalisant que les étrangers ne pouvaient distinguer les faux alphabets des écritures anciennes authentiques, Akhun inventa ses propres symboles plutôt que de continuer à imiter de véritables systèmes d’écriture. Comme la rédaction à la main était un travail laborieux, il résolut de passer à l’impression avec des blocs de bois gravés. Il employa un papier de fabrication locale, préalablement jauni, qu’il suspendait au-dessus d’un feu pour lui donner un air d’ancienneté avant de le laver avec du sable.

 

 

Akhun ne fut jamais poursuivi par les autorités chinoises mais sa supercherie provoqua un embarras certain dans les milieux académiques en Occident et les 90 volumes reliés de sa fabrication sont encore conservés dans la section orientale du British Library à Londres. Il faut dire que le travail d’Akhun et de son associé avait été exemplaire et les textes remarquablement sophistiqués. Une grande partie de la faute en revient aux deux consuls de Kashgar qui n’avaient fait preuve d’aucun discernement dans leur empressement à acheter tous les manuscrits qui leur tombaient sous la main.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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