Vestiges restants de l’occupation espagnole de Bougie

27 04 2016

 

 

 

 

Les trois forts de Marmol sont encore debout:

— le grand château (kasbah);

— le château de la Mer (Vergelète, fort Abd el-Kader);

— et le château Impérial (fort Moussa ou Barrai).


 

 

 

 

La kasbah

 

 

 

Vestiges restants de l'occupation espagnole de Bougie  dans Archéologie 1478539826-160420052438301771

 

 

 

 

Elle est construite en briques rougeâtres, sur les assises de l’ouvrage fortifié qui devait protéger l’ancien port du temps des Romains. Sa forme est un rectangle, dont un des côtés est parallèle à la ville. Elle est flanquée de bastions et de trois tours très hautes et très massives, garnies de meurtrières; ces tours ressemblent assez à d’énormes couleuvrines plantées en terre par la culasse. Cette citadelle, qui pouvait être susceptible d’une très bonne défense au XVIe siècle, n’offrirait guère de résistance devant les nouveaux engins de destruction et la tactique moderne; ses fossés se sont comblés avec le temps, et une partie de son mur d’enceinte est empâtée de grossière maçonnerie turque; les remparts et la tour qui l’ont face à la ville, ont été considérablement abaissés (rasés en 1853); les meurtrières et les clochetons ont, par conséquent, disparu. Elle renferme cinq citernes pouvant contenir 200,000 litres d’eau, des casemates et plusieurs bâtiments utilisés à l’époque coloniale pour le casernement de la garnison. La mosquée, qui s’y trouve également, est de construction plus récente; elle fut édifiée en 1212 (1797), par ordre de Mustapha Pacha. C’était la grande mosquée, sous la domination turque. Diverses inscriptions, qui nous donnent la date authentique de la fondation de cette citadelle, sont placées au-dessus de la porte qui ouvre sur la ville. Nous les avons déjà reproduites plus haut.

 

 

 

 

 

1478539848-16042005242994398 dans Archéologie

 

 

 

Sur la muraille qui se prolonge à gauche de la porte d’entrée, à quelques mètres au-dessus du sol, est une cavité ronde, d’environ 1 mètre de diamètre sur 10 centimètre de profondeur, dans laquelle était probablement scellée une plaque, peut-être l’écusson des armes d’Espagne; c’est ce que les indigènes appelèrent la gueçâa (le plat), au sujet de laquelle ils racontent la légende suivante :

 

 

 

« Pendant que les Espagnols construisaient la kasbah, les guerriers musulmans venaient, par des attaques fréquentes, inquiéter les travailleurs. A leur tête, se faisaient presque toujours remarquer sept marabouts, — ce chiffre cabalistique varie rarement, — qui avaient établi leur résidence sur le contrefort du djebel Khalifa, afin de surveiller de plus près tous les mouvements des chrétiens. Fatigué de leurs agressions perpétuelles, le général Espagnol résolut de s’en débarrasser par la ruse; il leur écrivit qu’il consentait à abandonner Bougie et leur donna rendez-vous pour régler les conditions de l’évacuation. Les marabouts accoururent, et, afin de leur inspirer plus de confiance, on leur servit la difa; mais pendant qu’ils étaient rangés autour du plat, des hommes apostés se ruèrent sur eux et les décapitèrent. Le plat en question, gueçâa, ainsi que les sept têtes, furent alors scellés dans le mur en construction. On voit encore, aujourd’hui, l’empreinte des têtes de Maures. »

 

 

 

 

 

 

Le fort Abd el-Kader

 

 

 

 

 

1478539871-160420035850133377

 

 

 

C’est évidemment le fort de la Mer, le seul qui existât à Bougie, lors du débarquement des Espagnols. L’irrégularité de sa construction, tout-à-fait différente de celle de la kasbah et du fort Barrai, le prouverait suffisamment, si la tradition et Marmol lui-même ne nous fixaient sur son origine. Ses murs, baignés par la mer, sont tantôt en grossière maçonnerie sarrasine, tantôt en pierres de taille de diverses dimensions, par conséquent très mal jointes les unes aux autres. Ces matériaux proviennent de nombreuses ruines romaines dispersées aux environs. Ce fort renferme une citerne et des souterrains construits ou réparés par les Espagnols. Il a été rudement ébranlé par les secousses du tremblement de terre du mois d’août 1856, et il a déjà été question de l’abattre.

 

 

 

 

1478539894-160420040320392100

Ancienne photo

 

 

 

 

 

 

 

Le fort Impérial (Moussa)*

 

 

 

 

 

1478539916-160420034824480507

Le fort Bordj Moussa a été construit par les Espagnols, et plus précisément par Ferdinand de Navarro au XVIe siècle

 

 

 

 

 

 

Un chemin couvert, dit-on, le reliait jadis à la kasbah. Le fort Impérial, au lieu d’être abandonné par les Espagnols, comme le rapporte Marmol, aurait été, dit la tradition, le théâtre d’une lutte très acharnée. Plusieurs tentatives d’assaut avaient échoué, le découragement commençait même à se répandre parmi les cohortes musulmanes, fortement maltraitées par le canon ennemi, lorsque sept marabouts, ranimant leur ardeur par une harangue énergique, appliquèrent eux-mêmes les échelles sur la muraille, et donnèrent l’exemple de ce courage aveugle, puisé dans le fatalisme, si fréquent chez les orientaux-. Un des santons parvint jusqu’à la plateforme du fort, où il fut entouré et percé de coups; les six autres, tués sur le parapet même, roulèrent au pied des échelles. Mais leur bravoure téméraire avait entraîné une nuée d’assaillants: l’escalade réussit enfin, cl les Espagnols furent massacrés jusqu’au dernier.

 

 

 

1478539938-160420034827408514

 

Afin de perpétuer le souvenir du dévouement et de l’abnégation des sept marabouts, Salah Raïs leur fit élever des mausolées sur les lieux mêmes où ils succombèrent; c’est-à-dire sur la plate-forme pour le premier d’entre eux, et au pied de la forteresse pour les six autres. Ces tombes furent longtemps l’objet d’un grand respect et même d’une vénération accompagnée de terreur superstitieuse. Pendant les nuits obscures du mois de janvier, les gens vertueux qui passent dans ce quartier aperçoivent, quelquefois, sept jets flamboyants, nets et intenses, se mouvoir autour du fort Moussa, tandis que les gens pervers, auxquels il n’est point donné de jouir de la vue de ces spirales lumineuses, sont accueillis par une nuée de pierres dont ils ne peuvent se garer qu’en fuyant au plus vite. Ces manifestations fantastiques, dont les Bougiotes ne parlent qu’avec effroi, sont attribuées aux Redjal es-Sebâales sept héros, titre glorieux par lequel ils désignent les illustres martyrs de la foi.

 

 

 

1478539959-160420034853534257

 

 

 

La tradition n’ajoute rien autre chose; mais les nombreuses traces de boulets, gravées profondément sur le fort Abd el-Kader et sur toute la face nord-nord-est de la kasbah, viennent à l’appui du récit de Marmol, sur la défense énergique que dut opposer sur ce point l’infortuné Peralta.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(*) : Le général de Barrai, blessé, le 21 mai 1850, chez les Beni Immel, et mort deux jours après a l’hôpital militaire de Bougie, fut inhumé dans ce fort, qui, a dater de ce moment, changea son nom indigène de Moussa contre celui de Barrai. Le cercueil du général est déposé dans une niche pratiquée dans le mur, en face la porte d’entrée, sous la voûte.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source photos :

Blog bejaia-city

founoune art & média

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Actions

Informations



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>




Homeofmovies |
Chezutopie |
Invit7obbi2812important |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Trucs , Astuces et conseils !!
| Bien-Être au quotidien
| Cafedelunioncorbeilles45