Mare Nostrum (La Méditerranée)

14 04 2016

 

 

 

 

 

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Les Phéniciens appelaient la Méditerranée « la Grande Mer ». Les Grecs et les Romains, pour leur part, en avaient une vision égocentrique, celle d’un « lac », d’une « mer intérieure » soumise à leur impérialisme culturel et commercial : par hemin Thalassa disait Platon (« la Mer qui est près de nous »), he eso Thalassa (« la Mer intérieure »), lui répondit Aristote en écho. Pour les Latins, elle était plus simplement Mare Nostrum, « notre Mer » (mediam terram ne devait apparaître qu’au Ve siècle). Quant à leurs successeurs, les Arabes et les Turcs, ils la baptisèrent « mer des Romains » (Bahr al-Rum / بحر الروم), une façon de reconnaître qu’elle était inséparable de la culture gréco-latine, qui s’était épanouie au sein de la civilisation byzantine.

 

 

Ainsi sont nés et se sont perpétué les grands mythes attachés à la Méditerranée, qui constituent encore de nos jours son « âme profonde », son « identité », au-delà des clivages culturels et des rivalités géopolitiques. Des colonnes d’Hercule (le détroit de Gibraltar) au Pont-Euxin (la mer Noire), on continue de chanter les exploits de héros au destin exceptionnel, qui ont pour noms Ulysse, Enée ou Jason.  

 

A une étape au moins de leur odyssée respective, Ulysse et Enée échouent sur la côte de l’Afrique, le premier chez les Lotophages, les « mangeurs de fleurs » (lotos en grec), le second chez Didon, la reine de Carthage. On situe d’ordinaire le pays des Lotophages en Tunisie, sur l’île de Djerba (appelée Méninx dans l’antiquité). Hérodote localise ce peuple au voisinage du lac Tritonis, peut-être la « petite Syrte » (le golf de Gabès). Quant au naufrage d’Enée, Virgile situe l’épisode non loin de la cité punique, fondée, précise le poète, « sur une terre qui appartient aux Libyens ».

 

Rendue célèbre par deux récits concurrents intitulés Les Argonautiques, la quête de la fameuse « Toison d’or » amène Jason et ses compagnons sur les côtes de la Libye. Si l’on accorde quelque crédit au récit épique – transportée à l’intérieur des terres par « une énorme vague », la nef est déposée…dans le désert ! – , c’est d’un raz-de-marée dont fut victime l’équipage de l’Argo – un tsunami.

 

Des témoignages très anciens, corroborés par la géologie et l’archéologie, font en effet état de puissants tremblements de terre en Méditerranée, parfois accompagnés d’irruptions volcaniques et de raz-de-marée. Ce fut le cas à Théra (actuelle Santorin), 1650 ans avant notre ère, ou encore en Crète. C’est sans doute le « souvenir » d’un événement spectaculaire (l’engloutissement d’une île), qui serait à l’origine du mythe de l’Atlantide. A un degré moindre, la côte de la Cyrénaïque s’est légèrement affaissée au cours des deux derniers millénaires (près de 4 m tout de même) ; un phénomène particulièrement saisissant à Apollonia.

 

 

En 362, un violent séisme secoua toute l’Afrique du Nord, causant de gros dégâts à Sabratha et à Cyrène. Une catastrophe qui fut peut-être, pour partie au moins, la cause de l’inexorable déclin des ports du littoral libyen au siècle suivant. Des séismes, on le sait, qui continuent de frapper régulièrement le Maghreb, l’Italie, la Grèce et la Turquie. Quant aux raz-de-marée, les experts n’écartent pas l’hypothèse d’un cataclysme majeur, dont les effets seraient décuplés par l’étroitesse du bassin et la concentration urbaine sur les côtes.         

 

 

 

 La Méditerranée fut pour les Hébreux la « mer des Philistins », mer de l’Autre. Elle devint un Mare Nostrum. Alors que les Sardes tournent résolument le dos aux flots, l’intérieur d’Ibiza est délaissé au profit des plages. La mer du Milieu, qui n’a rien de juste, oscille entre les statuts les plus divers. Maternelle chez Fernandez, qui en fait une mère Méditerranée, moins familière pour Morand, qui voit en elle la mer des Surprises, la Grande Bleue a marqué l’imaginaire de ses riverains et de tous ceux qui, un jour ou l’autre, ont eu le bonheur de la sillonner. Mais la Méditerranée, comme toutes les mers, n’est pas une simple étendue d’eau. Elle est rivage ; elle est même le Rivage des Mythes. Elle est en somme un admirable feuilleté temporel, dont chaque strate mérite d’être parcourue, dégustée.   

 

 

 

 

 

 Grottes d’Hercule

 

Les grottes d’Hercule sont un lieu touristique bien connu depuis les années 1920. Il s’agit de grottes naturelles calcaires ouvertes sur la mer, dans lesquelles cette dernière pénètre à marée haute.

La mythologie veut qu’Hercule se soit retiré là une fois ses exploits accomplis, et qu’il ait creusé le détroit de Gibraltar en déplaçant les montagnes (le djebel Tarik de Gibraltar en Europe et le Djebel Moussa en Afrique, près de Ceuta). On lui attribue l’aménagement de ces grottes près de Tanger (Maroc). Pour certains, c’est ici que vivait le cyclope Polyphème, fils de Poséidon, dieu de la mer, qu’Ulysse éborgna lors de son voyage. En vérité, ces grottes auraient été creusées à l’époque néolithique, la roche étant exploitée pour divers travaux et outils.  

 

 

 

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