NISA (Nicée) première capitale parthe

13 03 2016

 

 

 

 

Nisa est située à la lisière occidentale du désert du Karakoum, à 18 km au nord-ouest d’Achkhabad (capitale du Turkménistan), au pied de la chaîne du Kopet Dag, à l’emplacement du village de Bagir.

 

 

 

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Nisa (IIe s. av. J-C au Ier s. de notre ère) se dresse sur une colline naturelle de 15 hectares, dans l’environnement du piémont du Kopet Dag. Elle fut la ville principale de la province antique de Parthiène. De caractère royal, le site, bien conservé, regroupe des constructions indépendantes les unes des autres : un Palais fortifié, des temples, une nécropole, des casernes, une ville basse. Les fouilles de Nisa ont mis au jour de la céramique, de la verrerie, des statues en marbre (Dionysos, Hésiode, les poétesses) importées du monde méditerranéen, des rhytons en ivoire (vase à boire, en forme de corne ou de tête d’animal) déposés dans la Trésorerie. Comme en Afghanistan, le stuc (un mélange de poussière de marbre et de plâtre) a été utilisé comme matériau local pour la décoration des édifices. On peut rapprocher l’architecture parthe de l’habitat classique du monde nomade avec l’utilisation d’un portique d’entrée monumental (iwan/ إيوان ) dérivé de la tente ouverte d’un seul côté.

 

 

 

 

La visite du site   

L’aspect monumental de Nisa offre les caractéristiques d’une résidence royale. La disposition de bâtiments officiels sur une haute terrasse évoque Persépolis en Iran. La forteresse semble avoir été fondée sur l’ordre de Mithridate 1er (vers 171 – 138 avant notre ère), d’où le nom ancien de Mithridatkert. La cité de la dynastie des Arsacides s’appela également Parthaunisa, la « Nisa des Parthes ». on accède au site par un escalier et une longue rampe. On peut observer sur la droite, les traces de la forteresse, avec 43 tours de guet. Après avoir traversé un champ (on remarquera à droit l’emplacement d’un ancien réservoir), on arrive au pied d’une enceinte de terre battue (paksha) recouverte extérieurement de briques crues. Cette enceinte épaisse de 9 m entoure les palais de pierre et de terre cuite. La ville était approvisionnée en eau par une conduite aménagée en sous-sol et par des citernes. Le site a été fouillé à partir de 1946 par l’ »Expédition multidisciplinaire du sud Turkménistan » (YuTake en russe).

 

 

 

La ville disposait de palais monumentaux décorés d’œuvres d’art et de mausolées réservés à de hauts dignitaires. Plusieurs bâtiments sont disposés sur un axe nord-est/sud-ouest. Au nord, une grande Maison carrée devait servir de Trésor du roi ou de complexe cultuel. On y a découvert les rhytons, une statuaire grecque en marbre, des monnaies de plusieurs pays (le tout est exposé au musée d’Achkhabad). Ces objets avaient une fonction votive. On a remarqué que le plan primitif de ce monument (carré avec galerie intérieure) présente une similitude avec des palestres grecques comme celle d’Epidaure. L’Etat parthe, proche de la Perse et de la Bactriane, avait adopté le mode de vie d’Etats gréco-macédoniens voisins ainsi que les formes artistiques d’un « art grec colonial ». on observera que le plan cruciforme de la « Maison carrée » annonce déjà l’architecture musulmane avec la conception de la mosquée à quatre iwan que nous retrouvons en Iran et en Asie centrale, autour de l’an mil.

 

 

A proximité du Trésor se dressait un entrepôt (madustan) pour le stockage du vin dans de grandes jarres. D’autres magasins contenant des jarres de céramique (khum) enfouie dans le sol, étaient établis au sud de la ville. Ont été découverts sur le site de l’entrepôt plus de 2500 documents inscrits sur des tessons de poteries (ostraca), sortes de brouillons qui servaient de support à des textes courants. Ces documents datent de IIe et Ier siècle avant notre ère. Ils sont en langue parthe notée au moyen de l’alphabet araméen. Certains tessons comptabilisent l’entrée et la sortie des jarres de vin.

 

 

 

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Au centre de la colline, le site comporte une place intérieure (transformée en cour lors d’une autre période d’occupation) où se dresse un édifice à Salle carrée d’environ 20 m de côté. Une galerie entourait cette salle sur une hauteur de 3 m. la galerie était décorée d’œuvres d’art et de statues en argile de plus de 2 m de hauteur. On a retrouvé un torse féminin, des têtes de dieux et de héros et les premières sculptures de marbre jamais découvertes en Asie centrale. Elles étaient brisées en plusieurs fragments.

 

 

 

Plus encore vers le sud, un « Édifice-Tour » (20x20x7 m) entouré de corridors voûtés conserve les douze bases des colonnes en briques cuites, du portique sud. Un étage comportait des pièces d’apparat décorées de peintures murales. L’une d’elle représente une bataille entre deux groupes de cavaliers dont le costume est semblable à celui des nomades d’Asie centrale.

 

 

Un « Édifice rouge » longe le mur de la forteresse. Il se compose d’un portique d’apparat qui s’ouvrait sur la place intérieure, d’une salle rectangulaire à quatre colonnes et d’un couloir à l’extérieur, longeant trois côtés de l’édifice. Les colonnes de base sont de type achéménide (plinthe à degré et tore  plat) ; les fûts de colonnes étaient en bois. Un enduit rouge résistant à l’eau décorait plusieurs pièces et façades (campagne de fouilles de 2005), d’où le nom de l’édifice.

 

La « Salle ronde », (fouille par des chercheurs italiens, partiellement découverte) située entre le bâtiment du sud-ouest et la tour, est décentrée. C’est une construction rectangulaire qui comporte une salle ronde de 17 m de diamètre, décorée de niches qui abritaient des statues en terre cuite, peintes, de facture hellénistique. Elles représentent les rois ancêtres divinisés, dont un fragment de tête d’homme, âgé et barbu, qui pourrait être le roi Mithridate, l’ennemi de Rome.

 

 

 

 

 

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Selon l’archéologue russe V. N. Pilipko, l’Edifice-Tour, l’Edifice à Salle carrée et la Salle ronde appartenaient au même complexe cultuel. Après une cérémonie qui consistait à se rendre dans la cour du complexe central, puis vers les lieux sacrés (Tour, bâtiment à Salle carrée, Salle ronde), les participants se réunissaient lors d’un repas collectif, pris dans la Maison carrée du nord-est. Comme à Persépolis, les fêtes achevées, la ville sacrée se vidait pour quelques mois, il ne restait que les dignitaires de l’administration royale et des gardes. Le complexe cultuel a été abandonné au début de notre ère pour des raisons inconnues : révoltes, invasions, tremblements de terre…..

 

Au nord de la « Maison carrée » s’étendaient une zone résidentielle, des entrepôts, la trésorerie royale. La ville fut pillée en 227 de notre ère par les Perses sassanides, puis lors de la chute des arsacides, enfin au XIIIe siècle par les Mongols. Une partie de la ville basse antique est aujourd’hui occupée par le village de Bagir.   

   

 

 

 

 

 

 

 

 

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