Une jeune fille plus ingénieuse que le Tsar (conte populaire Serbe)

21 01 2016

 

 

 

 

 

Une jeune fille plus ingénieuse que le Tsar (conte populaire Serbe) dans Littérature 1478771978-160120090206472404 

Été, 1891 / Jules Breton

 

 

 

 

 

 

Il était une fois un homme pauvre. Il vivait dans une grotte et ne possédait qu’une fille, mais elle était fort intelligente. De tous côtés, elle allait demander l’aumône. Et elle apprenait aussi à son père comment mendier, et parler avec raison. Un jour, le pauvre s’en fut chez le Tsar pour qu’on lui fît la charité. Le Tsar l’interrogea :

-          D’où es-tu, et qui t’a appris à parler si sagement ?

Il indiqua d’où il venait, et que c’était sa fille qui lui avait appris à parler de la sorte.

-          Mais, à elle, qui le lui a enseigné ?

-          Dieu et notre misérable pauvreté l’ont rendue intelligente.

 

 

Le Tsar alors lui confia trente œufs, et ordonna :

-          Rapporte-les à ta fille, qu’elle les fasse couver. Je veux avoir des poussins. Et pour cela, elle sera grandement récompensée. S’il n’en sort rien, tu seras torturé.

 

En pleurant, le pauvre retourna à sa grotte et raconta l’aventure à sa fille. Celle-ci s’aperçut immédiatement que les œufs étaient cuits et durs. Elle conseilla à son père d’aller se reposer pendant qu’elle s’occuperait de tout. Le père obéit et s’en fut dormir. Entre temps, elle prit une marmite, la remplit d’eau et de fèves, et la mit sur le feu. Le matin, quand les fèves furent cuites, elle appela son père :

-          Prends ton araire et tes bœufs, et va labourer juste à côté de la route où doit passer le Tsar. Quand tu le verras, prends les fèves, sème-les et crie : « Ah, mes bœufs, qu’avec l’aide de Dieu poussent ces fèves cuites ! »

Lorsque le Tsar te demandera comment peuvent pousser des fèves bouillies, tu n’as qu’à répondre : « Comme des poussins peuvent sortir d’œufs durs ! »

 

Le pauvre suivit le conseil de sa fille, et partit labourer. Au passage du Tsar, il se mit à crier :

-          Ah ; mes bœufs, qu’avec l’aide de Dieu poussent ces fèves cuites !

A ses cris, le Tsar s’arrêta sur la route et s’adressa au pauvre :

-          Miséreux, comment donc peuvent-elles pousser ?

-          Très noble Tsar, exactement comme des poussins peuvent sortir d’œufs durs.

 

 

 

Le Tsar devina aussitôt que sa fille lui avait fait la leçon. Il ordonna à sa suite de lui amener le pauvre, à qui il tendit un écheveau de lin :

-          Prends cela : je veux que tu en fasses les cordages et les voiles nécessaires à un navire. Faute de quoi tu auras la tête tranchée !

Epouvanté, le malheureux prit l’écheveau, s’en retourna chez lui et le confia à sa fille. Celle-ci l’envoya dormir, en lui promettant de s’occuper de tout. Le lendemain, elle prit un petit morceau de bois, et réveilla son père :

-          Prends ce morceau de bois, apporte-le au Tsar : et qu’il m’en fasse une quenouille, un fuseau, une ensouple et toutes les autres pièces d’un métier !

Alors je tisserai tout ce qu’il m’ordonne.

 

 

 

 

 

1478771999-160120090812488 conte dans Littérature populaire 

Fileuse, 1872 / Jules Breton

 

 

 

 

 

 

Le pauvre suivit le conseil de sa fille, et parla au Tsar précisément comme elle le lui avait enseigné. Son discours surprit le Tsar. Il ne savait que faire et se perdait en réflexions. Enfin, il attrapa un petit verre :

-          Prends ce petit verre, apporte-le à ta fille. Qu’avec lui elle puise toute l’eau de la mer, pour en faire un pré.

Le pauvre obéit. En pleurant, il rapporta le verre à sa fille et lui annonça ce que le Tsar exigeait. Elle lui dit simplement :

-          Nous verrons demain ; je m’occuperai de tout.

Le lendemain, elle appela son père et lui tendit dix onces d’étoupe :

-          Donne-le au Tsar et dis-lui : Si avec cette étoupe tu parviens à boucher toutes les sources et tous les lacs, alors je viderai la mer avec ton petit verre.

 

 

Le pauvre partit. Et c’est ainsi qu’il parla au Tsar. Celui-ci reconnut que la fille était beaucoup plus avisée qui lui-même, et ordonna au père de la lui présenter. Quand le père et la fille furent devant lui, ils se prosternèrent, et le souverain la questionna :

-          Devine, ma fille : que peut-on entendre de plus loin ?

-          Très noble Tsar, ce qu’on peut entendre de plus loin, c’est le tonnerre, et le mensonge.

 

 

Alors le Tsar saisit sa barbe et se tourna vers ses courtisans :

-          Devinez : combien vaut ma barbe ?

Chacun donna son avis. La jeune fille les laissa parler tant et plus. Enfin elle leur dit que personne n’avait trouvé la réponse :

-          La barbe du Tsar vaut trois pluies d’été.

Le Tsar s’étonna et déclara :

-          C’est la jeune fille qui a le mieux répondu.

 

 

Puis, il lui demanda si elle voulait devenir sa femme, puisque, de toutes manières, elle ne pourrait pas y échapper. La jeune fille s’inclina :

-          Très noble Tsar ! qu’il en soit selon ton désir. Mais je te prie de m’écrire noir sur blanc, de ta propre main, que si un jour tu t’irrites contre moi et que tu me chasses, je serai libre, en quittant ton palais, d’emporter avec moi ce qui m’est le plus cher.

 

Le Tsar consentit, et signa. Quelque temps passa. Un jour, il se fâcha contre elle :

-          Je ne te veux plus pour femme ! quitte le palais, et va-t-en où bon te semblera !

-          Illustre Tsar, je t’obéirai. Mais permets-moi de passer une nuit encore au palais. Demain, je partirai.

 

 

Il lui accorda de passer une dernière nuit. Au dîner, la Tsarine fit un mélange de vin, d’eau de vie et d’herbes aromatiques, et l’offrit à boire à son mari :

-          Bois, Tsar, sois gai ! car demain nous nous séparons ! et, crois-moi je serai plus joyeuse que quand nous nous sommes unis !

Le  Tsar s’enivra, et s’endormir. Sa femme alors fit préparer un carrosse et l’emmena dans une caverne. Réveillé dans la grotte, quand il vit où il était, le Tsar s’écria :

-          Qui m’a amené ici ?

-          C’est moi.

-          Qu’as-tu fait de moi ? ne t’ai-je pas dit que tu n’étais plus ma femme ?

 

 

A ces mots, elle sortit la promesse écrite de la main de son mari :

-          C’est vrai, noble Tsar, tu me l’as dit. Mais jette un coup d’œil sur ce que tu m’as promis là : qu’à mon départ je pourrais emporter ce qui m’est le plus cher.

Alors le Tsar l’embrassa, et ils retournèrent au palais.   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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