L’itinérant – Ben Mohamed

9 03 2014

 

 

 

 

part 1

 

 

 

 

Dès l’enfance, les blessures en moi

Se sont ouvertes,

L’hiver a détrôné le printemps,

L’exil devient mon seul recours,

Il me faut délaisser le foyer.

J’ai suivi les courants des vents,

J’ai cherché à déchirer les ténèbres.

 

 

 

 

 

 

 

part 2

 

 

 

 

Je suis parti, laissant mes frères,

Quêtant la fraternité.

Je suis parti chez les gisants,

Espérant découvrir la vie.

J’ai été compagnon de ceux qui ont

Subi les coups,

Je me suis installé dans le tourment. 

 

 

 

 

 

 

part 3

 

 

 

 

Les soucis en moi se relaient,

L’un décline, l’autre se relève.

Quel que soit l’horizon atteint,

Les racines en moi restent vivaces.

J’ai beau, dans mon sommeil, couper

Le cordon ombilical,

Au réveil il est intact

 

 

 

 

 

 

 

Poème de Ben Mohamed 

Traduit du Kabyle par Ramdane Achab

Mise en forme par Tahar Djaout

 

 

 

 

Biographie de Ben Mohamed

 

 

 

 

L’itinérant – Ben Mohamed  dans Littérature

 

 

Ben Hamadouche Mohamed alias Ben Mohamed puis Ben pour les amis, est né au village de Tikidout dans la commune d’Ouacifs, le 10 mars 1944. Poète, animateur de radio, parolier… trois tranches de talents rassemblées pour asseoir une provoc incisive dans sa vocation intrinsèque. Qui l’eut prédit, alors qu’il manipule les chiffres en comptable d’expérience, de sa fonction de financier.

Dès l’âge de 4 ans, Ben quitte son fief natal pour s’installer à la Casbah d’Alger jusqu’à l’âge de 14 ans, faisant, après, selon son expression, des va-et-vient entre Alger et Ouacifs sous la férule du père en métropole et les câlins de la mère au village. Ainsi partagé, il lui en résulta un brassage de connaissances et de culture, quand on sait le vivier des artistes que fut la Casbah mythique. Enfant à esprit d’adulte, c’est aux côtés des grandes personnes qu’il aimait passer son temps différemment des autres bambins pour qui turbulences et chapardages étaient le hobby.

Et c’est chez M. Albertini qu’il découvrit la langue de Voltaire, puis M. Loumi, pour l’arabe, à l’école publique de Bouabderrahmane. Cette période, de son aveu, fut déterminante pour son parcours de poète. La sérénité, la sagesse des vieux, l’atmosphère empreinte de proverbes, maximes, poésie et bonnes paroles ont fini de façonner l’enfant lui imprimant la bonne conduite, le respect de l’autre et de soi-même.

Dès 1958, ses parents s’installèrent définitivement à Alger. Son père possédait une boutique à la place de Chartres. Cette date l’a marqué, car c’était l’année du déchirement. Alors qu’il n’était qu’enfant, il quitta son village natal, pan essentiel de son enfance, alors qu’il venait d’interrompre sa scolarité en1956 à cause de la grève générale décrétée par le FLN.

Ciseleur du verbe, de ces paroles justes et pointilleuses pétries dans le vrai et l’authenticité, Ben est l’auteur modeste, entre autres, de la magnifique chanson interprétée par Idir, « A vava inouva  » comme il a fait la gloire des dizaines d’autres chanteurs tels que Matoub Lounès, Nouara, Takfarinas, Djamel Allam, Medjahed Hamid… La poésie, avouait-il, était sa thérapie.

Avec toute cette popularité qu’on lui doit, la renommée de ses poèmes, notamment Yema, jeddi, Vava inouva, Ben n’a pas été édité.

 

 

 

 

 

 

 


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