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Le 23 février: Une Journée Universelle dediée à la Tchétchénie

23 02 2014

 

 

déportation

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le 23 février 1944, l’Union Soviétique commença la déportation immédiate du peuple Tchétchène et du people Ingouche aux steppes de L’Asie Centrale. Au vrai fond de l’hiver ils devaient subir des exécutions subites et un manque sévère de vivres : c’était à vrai dire la sorte de solution aussi finale et brutale que celle qu’on imposait ailleurs en Europe aux Juifs. D’après la moindre estimation la moitié de ces réfugiés déracinés périrent ; Le vrai chiffre pourrait être même beaucoup plus élevé.

 

Vers le début du mois de Janvier 1944, des dizaines de milliers de troupes soviétiques commencèrent a arriver au petit pays montagneux et se déployèrent parmi les centres d’habitation à travers la région. Le jour de l’Anniversaire de l’armée Rouge, le 23 février , à chaque ville ou village les hommes étaient convoqués à des réunions aux centres locaux des autorités soviétiques. Personne ne se soupçonna de la calamité qu’ils allèrent subir ; Tout le monde s’était présenté volontiers. Au lieu de commémorer la journée, on adressa à la foule un décret du Présidium du Suprême Soviétique, qui les dénonça et les accusa de trahison et de collaboration avec ennemie et annonça la déportation totale du peuple Tchétchène et du people Ingoushe.

 

 

Il n’y eût jamais de témoignage à supporter la charge de collaboration avec les Nazis dont Staline alla s’en servir de prétexte pour se débarrasser d’un peuple tout entier parcequ’il ne cessa de refuser à se soumettre à la volonté de Moscou. En effet L’avance de l’Armée Allemande se halta à la frontière Tchétchène et ne réussit jamais à la franchir. De plus, le nombre de médailles et de décorations militaires accordées aux soldats Tchétchènes, et qui les avaient mériter par leurs actions vaillantes au cours des combats principaux de la deuxième guerre mondiale, dépassait leur représentation proportionnelle au sein de l’armée soviétique. Mais finalement, même ces soldats n’ont pas été épargnés : ils ont aussi été arrachés à l’armée soviétique et déportés aux camps d’infiltration de l’Asie Centrale.

 

A chaque ville les camions Studebaker (prêtés par les Etats Unis à son allié de la guerre ) ramassa sous la menace des armes, son chargement d’hommes, de femmes et d’enfants Tchétchènes. Les camions transportèrent leur charges à la gare la plus proche où on les entassait dans des wagons à bestiaux , sans provisions et insuffisamment habillés. Ceux qui habitaient à la Montagne étaient obligés de descendre vers les plaines. Les traînards étaient fusillés comme ceux qui tentaient de résister. Les femmes enceintes, les vieillards et d’autres qu’on considérait qu’ils exigeraient plus d’effort étaient tués. Il y a du témoignage attesté qui raconte comment 700 femmes et enfants ainsi que des personnes âgées étaient morts à vif au village de Khaibakh. Des massacres pareils se produisent ailleurs à travers la Tchétchénie et les Aûls (les villages montagneux) souvent couvaient pendant des semaines entières.

 

Au cours de quelques jours avec une efficacité impitoyable, un people tout entier a été éradiqué de sa terre natale. D’un jour à l’autre la Tchétchénie et l’Ingouchie étaient dépeuplés ; les cartographes devaient rayer toute référence à eux soit dans les cartes officielles, les registres ou les encyclopédies comme s’ils n’avaient jamais exister.

 

Le 29 Février Lavrenti Beria, Chef de la sécurité, dût écrire à Staline:

“Je vous rapporte les résultants de l’opération de relocaliser les Tchétchènes et les Ingouches. La relocalisation commença le 23 Février et dans la majorité des locations à exception des populations habitant les montagnes les plus inaccessibles….. 478,479 personnes ont été évacuées y inclus 91,250 Ingouches et ils étaient tous entasses dans les wagons de 180 trains dont 159 sont déjà arrivés à leurs nouvelles destinations“.

 

 

Pour un demi million de Tchétchènes et Ingouches s’embarquant a cette effroyable odyssée à travers une toundra glaciale ils ne firent que commencer leur supplice. Les convois scellés étaient bourrés d’hommes,de femmes et d’enfants, tous gelés subissant aux conditions les plus atroces, sans toilettes, ni aucun moyen de se laver ou de se nettoyer. La Typhoïde ne tarda pas à se manifester tuant des tas de personnes dans des scènes qui devaient ressembler à d’autres à Buchenwald ou à Auschwitz. N’ayant que très de nourriture les faibles et les malades étaient tués par la faim et le froid presque immédiatement. Partout où les trains s’arrêtèrent au cours de leur voyage on traita ces malheureux passagers avec mépris et cruauté, car les autorités ne cessèrent de dire à tout le monde qu’ils étaient des traîtres qu’on devait punir parce qu’ils avaient collaborer avec l’ennemie.

A l’une des gares Dimitri Gulia, un éducateur Abkhaze bien-connu fit témoignage d’une scène évoquant un désespoir surréel:

une scène incroyable: un train extrêmement long…bourré de gens qui avaient la mine des montagnards Caucasiens. On les envoyait vers l’Est quelque part, il y avait des femmes, des enfants, des personnes âgées, et tout le monde avait l’air si triste, si abattu et si désolé… C’était les Tchétchènes et les Ingouches qui voyageaient contre leur volonté. On était en train de les déporter. Ils avaient ‘commis de graves crimes contre la patrie’

 

 

 

 

On fouillait souvent dans les wagons pour ramasser les cadavres qu’on voulait jeter carrément du train. Pour éviter que leurs proches subissent ce sort, les Tchétchènes tâchaient à les déguiser ou à les cacher morts car ils gardaient souvent l’espoir de pouvoir les enterrer en musulmans d’après les coutumes de leur religion. Après plusieurs semaines, à leur arrivée, les Tchétchènes étaient dispersés aux quatre coins du Kazakhstan, Ouzbékistan et du Kirghizistan. A peine la majorité des déportés arrivèrent à trouver quelque abri ou de quoi se nourrir. On les laissait déracinés, à se débrouiller tout seuls dans des lieux tout à fait désolés.

Un historien à l’université de Moscou devait écrire deux décennies plus tard:

“…le coup le plus effrayant et le plus irréparable contre le people Tchéchène et le peuple Ingouche était frappé au cours de ces premiers deux ou trois ans, quand la faim et les maladies les plus épouvantables les obligeaient à enterrer des milliers de membres de leur tribus aux steppes de l’Asie Centrale“

 

 

Dans les années à suivre des milliers de déportés devaient mourir en exile, à cause de la pneumonie et du faim. C’était un époque ténébreux dans l’histoire tumultueuse des Tchétchènes, qui avaient déjà souffert du milieu du 19ème siècle, au cours de longues guerres contre la puissance militaire de l’Empire Russe et qui devaient maintenant subir un exile qui allait briser tant de familles et les séparer les uns des autres.

Les déportés en effet vivaient dans des larges colonies pénitentiaires où les moindres transgressions étaient punis par l’emprisonnement ou les travaux forcés. Cependant l’écrivain et dissident Alexandre Soljenitsyne allait ainsi décrire dans son livre Le Goulag Archipel la volonté et l’esprit indomptable des Tchétchènes.

Il y avait une seule nation qui ne voulait jamais céder, qui ne pouvait acquérir les habitudes mentales de la soumission –pas seulement les rebelles parmi eux mais c’était pareil pour n’importe lequel parmi eux. Ceux-ci étaient les Tchétchènes….Je dirais même que de tous les exilés et les déportés seuls les Tchétchènes se montraient indomptables. Ils étaient arrachés à leur pays natal par l’infamie et le mensonge et dorénavant ils ne croyaient plus à rien….Les Tchétchènes ne cherchaient jamais à plaire ni à s’insinuer dans les bonnes grâces de leurs patrons; leur attitude était toujours fière; à voire hostile… et voilà ce qui était extraordinaire; tout le monde avait peur d’eux. Personne ne pouvait les empêcher de vivre comme bon leur semblait. Le Régime (Soviétique) qui gouvernait le pays pendant une trentaine d’années n’arrivait pas à les faire respecter ses lois“.

 

 

Les Conditions dans lesquelles vivaient les Tchétchènes demeurèrent atroces jusqu’après la mort de Staline en 1953. Peu après les Tchétchènes commencèrent à faire des représentations auprès des autorités à Moscou pour obtenir la permission de rentrer à leur pays: En effet petit à petit ils commencèrent à rentrer chez eux. En 1956, au vingtième congrès du parti communiste Nikita Khrouchtchev finît par reconnaître officiellement le tort porté aux Tchétchènes et aux autres peuples lors de leurs déportations. Ce qui commença en filet d’eau devînt d’emblée un terreau et en dépit de tous les efforts exercés par les autorités, on ne pouvait empêcher les Tchétchènes de rentrer chez eux et souvent tout en rapportant avec eux les os de leurs proches afin de les entrer dans leurs cimetières Tchétchènes.

Mais leur vie ne retourna jamais à ce qu’elle était en 1944. Le mal des déportations devait survivre dans leurs souvenirs de la pauvreté, des maladies, et de l’amertume née de tant de souffrances. En rentrant chez eux les Tchétchènes trouvèrent que leurs maisons étaient distribuées à des colons Russes ou Daghestanais aux quels ils durent souvent les racheter ; peu d’entre eux en furent capables.

Les déportations ne représentèrent pas seulement une tragédie personnelle pour chaque Tchétchène mais aussi une catastrophe collective pour tout le peuple Tchétchène. Tant d’ Aûls étaient tombés en ruine et devinrent inhabitables, obligeant la majorité des Tchétchènes à vivre sur les plaines et cela pour la première fois au cours de leur histoire alla changer irrévocablement leur mode de vie montagnarde. En plus la perte de vie parmi les personnes âgées interrompirent une riche tradition orale qui remontait à plusieurs siècles, ainsi infligeant énormément de tort au patrimoine Tchétchène.

Le traumatisme et les perturbations qu’avaient dû subir les Tchétchènes lors de leur génocide et les souffrances qui les suivirent ne peuvent être exagérer et leurs souvenirs pénibles sont très fortement ressentis par le people Tchétchène même de nos jours

 

 

 

 

  

 

 

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Source: WaYNaKH


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