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Awzal : poèmes et chants religieux amazighs chleuhs de Souss (sud-ouest du Maroc)

25 01 2014

 

 

L’’usage de l’alphabet arabe pour transcrire du berbère est attesté dans toutes les régions berbérophones, mais, le plus souvent de manière sporadique et peu systématique. En fait, dès que l’on passe dans la sphère de l’écrit, c’est, depuis des siècles, presque toujours la langue arabe elle même, qui est utilisée (ou le français depuis la colonisation française). La seule exception notable à cette règle est représentée par le domaine chleuh au Maroc ; la pratique de l’écrit berbère en alphabet arabe y est restée vivace et l’on connaît des manuscrits arabo-berbères importants (par leur taille et leur impact social et culturel) au moins depuis le XVIIe siècle.  Pour cela le Sud du Maroc, le pays chleuh (Sud-Ouest du Haut-Atlas, Sous, Anti-Atlas), est une des rares régions du monde berbérophone à posséder une littérature écrite.

 

Cette pratique faisait l’objet d’un véritable enseignement formalisé, dans le cadre de la formation reçue et dispensée par les talebs, dans les zaouias et médersas. L’enseignement religieux lui même se faisait partiellement en langue berbère. Et beaucoup de textes proprement littéraires (poésie) ont été fixés à l’écrit depuis des générations et circulent sous cette forme.

 

L’essentiel de ce patrimoine écrit chleuh est d’inspiration religieuse et était destiné à fournir aux populations berbérophones une vue d’ensemble — et des outils pratiques — de la doctrine islamique : traités religieux et juridiques, poèmes d’édification religieuse comme l’Awzal (de l’ethnique de son auteur) Mh’mmd u ‘li, qui était de la tribu des Indawzal : c’est dire sa notoriété.

 

 

 

Awzal : poèmes et chants religieux amazighs chleuhs de Souss (sud-ouest du Maroc)  dans Littérature 444px-MuhammadAwzal-Al_Hawd-Leiden_MS_Or_23.354

Première page du manuscrit du xviiie siècle de El-Hawd d’Awzal 

 

 

 

 

 

Si les Chleuhs lisent et copient encore ces œuvres du XVIIIe siècle, on sait très peu de chose sur celui qui les composa.

Muhammed Awzal(Muhammad) ou Brahim u Sous Akbil n Ind Uwzal, connu sous le nom de Muammad Awzal (ou arabisé Al-Awzali), était un poète religieux amazighe. Il est né autour des années 1670 dans le village d’Al-Qasaba dans la région du Souss de l’actuel Maroc, et est mort en 1748/9 (1162 de l’Hégire). Awzal est considéré comme le plus important auteur de Langue Tachelhit. Il y a peu de faits sûrs sur sa vie. Il aurait tué un membre de sa tribu lorsqu’il était jeune, et dans sa fuite aurait trouvé refuge à Tamegrout, un village connu pour son sanctuaire antique, où il commença ses études religieuses. Il était probablement à la fin de ses études lorsqu’il écrit, en arabe, un essai, son premier travail, Mahamiz al-Ghaflan aux alentours de 1700. Il revint ensuite à son village d’origine, se mettant au service de la famille du défunt qui lui aurait pardonné son acte, convaincue de la sincérité de sa conversion. Mais ses prêches ne sont pas populaires dans son village, et il semble que ce soit en réaction à cette résistance qu’il composa son deuxième travail, toujours en arabe, le Tanbih (« remontrance »).

 

Quand il retourna à Tamegrout son maître, cheik Ahmad, découvrant son réel talent de poète, soutint son premier travail d’écriture en tachelhite, Al-Hawd (« le bassin » : faisant référence au bassin, le « fleuve des Prophètes », où le prophète rencontrera sa communauté au Qiyamah, le « jour de la résurrection »). Ce travail, divisé en deux partie, représente un manuel complet sur la loi islamique suivant la tradition malikite, basée sur deux textes classiques, as-Sanusi (première partie, 28 chapitre, sur l’ibadat « engagements rituels ») et Khalil (second partie, des chapitres 29 à 54, sur le mu’amalat « transactions »).

 

Il finit d’écrire en 1714 Bahr ad-Dumu’ (« l’océan des larmes »), exhortation en vers et traité sur l’eschatologie. C’est probablement le texte, connu de Muhammad Awzal, le plus important, chef d’œuvre de la littérature en langue tachelhit. On le trouve encore, en manuscrit, dans les plus importantes bibliothèques et collections privées. Le texte a été traduit en français par B.H. Stricker et Arsène Roux et en anglais par N. van den Boogert. Le poète était probablement déjà revenu dans son village natale au moment de l’écriture de « l’océan des larmes », où il travaillera en tant que professeur et mufti jusqu’en 1749 où il meurt lors d’une épidémie. Il a laissé une fille et un fils, Ibrahim. La date de son dernier et plus court travail en berbère est incertain, An-Nasiha (« le conseil »), ode à l’éloge de Sidi (Saint) Ahmad ibn Muhammad ibn Nasir, guide spirituel de Awzal et grand maître de l’ordre Soufie de Nasiriyya (fondé par son grand-père), composé probablement pour son enterrement autour de 1717.

 

 

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Feuilleter (en ligne) quelques manuscrits d’Awzal 

 

Awzal 1

 

Awzal 2 

 

Awzal 3 

 

Awzal 4 

 

Awzal 5 

 

 

 

 

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Quelques passages récités 

 

 

http://www.dailymotion.com/video/x3ilhz

 

 

http://www.dailymotion.com/video/x3ilhp

 

 

http://www.dailymotion.com/video/x3io6i

 

 

 

 

 

 


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