Ayrad N’Yennayer chez les At Snus (Béni Snouss) à Tlemcen

10 01 2014

 

 

Ayrad N’Yennayer chez les At Snus (Béni Snouss) à Tlemcen  dans Coutumes & Traditions 241451

La commune de Béni Snous / Tlemcen 

 

 

 

 

La vallée des Béni Snous est surnommée le pays des mystères et des miracles, en raison de ses traditions authentiques. Les habitants de cette vallée ont une culture qui leur ai spécifique, ils sont d’ailleurs les derniers amazighs à fêter le carnaval Ayred (lion en Tamazight) fixé du 10 au 13 janvier, consistant à se déguiser et passer de porte en porte pour réclamer des friandises et autres délicieux gâteaux confectionnés pour l’occasion.

 

Des enfants, se déguisant en lion, entament une marche dans les ruelles avec des chants énigmatiques. On appelle cela «Le petit Ayrad». Il commence généralement entre 17h et 18h. Juste après le carnaval des enfants, vient le «grand Ayrad», un groupe d’individus de 7 à 15 se déguise avec des masques (les cornes, les peaux d’agneaux…).

La personne incarnant Ayrad doit avoir le visage masqué pour que le public ne la reconnaisse pas ; ce qui est essentiel c’est le port du chapelet autour du cou, en plus d’un gilet traditionnel et d’un seroual (pantalon parachute) avec une paire de vieux souliers en peau de chèvre qu’on appelle boumentele. Ayrad doit être attaché aux hanches à l’aide d’une tresse d’alfa que les femmes ont pris soin de tisser, ou d’une corde dont le bout serait tenu par le guide. Dans la rue, la foule chante des complaintes en chœur avec les carnavaliers. Tout le monde parcourt les rues, passe d’une maison à une autre, annonçant son arrivée, à l’approche de chaque foyer en disant : « Halou bibenkoum rana jinekoum» (ouvrez vos portes, nous sommes venus). Dans le cas ou le propriétaire de la maison n’ouvre pas, les spectateurs disent à haute voix « chebriya mherssa moulat eddar emtalka », c’est à dire que (la jarre est brisée et que la maîtresse de la maison sera divorcée) et déposent un « kerkor » ; un amas de pierre devant l’entrée de cette maison.

 

Lorsque la porte est laissée entrouverte, c’est la lionne ( l’biyya ) qui entre la première accompagnée des carnavaliers ,une fois à l’intérieur de la maison  les chants s’amplifient et les déguisés redoublent d’efforts dans leurs danses rythmiques et frénétiques avant la brusque invasion de Ayrad qui surprend l’assistance. Pendant que tout le monde chante et danse, le grand Ayrad dit à haute voix : «Attoufaha lalla fi jbel l’ali akhouti ouabni ammi haoudouhali», ce qui signifie : «Oh !     Pomme de montagne colossale, frères cousins, descendez ma rivale !» et la lionne (une personne déguisée en lionne) tombe par terre raide morte. Soudain, la foule se tait sans pouvoir intervenir. Ayrad explose, bouscule la foule qui s’écarte et Ayrad, s’approchant de sa bien-aimée, retire une boîte de poudre blanche et saupoudre le visage de celle-ci ; et à ce moment-là la lionne se réveille, elle se met sur pied et reprend la danse et le chant, et la foule tonne : «Echablalek, echablalek, echablalek, echablalek», ce qui signifie : «Prends ta bien-aimée et danse.» Il est de coutume qu’avant de quitter la maison, Ayrad se dirige vers la maîtresse des lieux et la salue, celle-ci glisse dans le qalmoun (capuchon) de le M’kadem (le guide) quelques denrées alimentaires (des fruits mélangés, des gâteux, du pain,des grenades, des figues sèches etc). Le M’kadem récite la Fatiha à haute voix tout en souhaitant les bienfaits pour la société, une nouvelle année abondante en richesses et avec tous les biens en priant Dieu de nous apporter sa miséricorde, clémence et se dirigent vers une autre maison et ainsi de suite jusqu’à l’aube et ce durant trois jours.

Enfin, le dernier jour, avant de se séparer et de se donner rendez-vous à l’année prochaine, une prière sera dite. Les provisions ramassées par le M’kadem seront distribuées aux démunis du village. 

 

L’origine de ce carnaval réside dans son authenticité, il est spontané et tiré du fin fond de nos us et coutumes et les croyances les plus lointaines. Il est le patrimoine de tous. Il est aussi l’apogée d’une identité millénaire dont les populations s’attachent et s’identifient. Il était célébré avec faste pour marquer le nouvel an amazigh et s’inscrit en plus dans l’esprit de la solidarité communautaire et de l’attachement au sacré.

 

 

 

 

 

Bibliographie: 

 

  • Yennayer : la fête de « Ayrad » chez les Béni Snous – Article de Mohamed GADIRI.
  • Le carnaval de Ayrad – Article de Yacine Idjer
  • Wikimazigh: L’encyclopédie Amazighe 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ayred chez les Béni Snous :

 Court sujet sur la célébration du Yennayer, nouvel an amazigh (berbère) à Béni Senousse, une commune située dans la région de Tlemcen qui reste fidèle aux traditions propres à cette occasion. A la cité Ayred, un carnaval est perpétué depuis des générations.

 

 

 

Première partie 

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Deuxième partie 

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