Norouz, le Nouvel An iranien

20 03 2013
Le début d’une nouvelle année ne se résume pas à l’Occident ou à la Chine. Au Moyen-Orient, la célébration du Norouz revêt une importance particulière.
Si la Perse était autrefois à la mode en Occident, l’Iran demeure aujourd’hui mal connu. C’est l’un des rares pays au monde possédant une histoire continue depuis plusieurs millénaires. L’Iran est aussi une terre de festivals dont les origines remontent à des époques lointaines.

 

Norouz

Ce festival originaire d’Iran s’est largement répandu dans toute l’Asie centrale, du Proche-et Moyen-Orient et même jusqu’à certaines parties des Balkans. Il correspond à l’arrivée du printemps. Il est donc célébré entre les 20 et 22 mars, au moment du passage du soleil à l’équateur. C’est l’Institut de géophysique de Téhéran qui fixe le début exact de la nouvelle année. Si le soleil passe à l’équateur avant midi (heure de Téhéran), c’est le jour de l’an. Autrement, le jour de l’an débute le jour suivant, ce qui sera le cas en 2013. Les Iraniens fêteront alors l’année 1392.
Norouz signifie, en persan, « nouveau jour », du vieux persan, de l’avestique nava rowch, « nouvelle lumière ». Ces mots sont d’origine indo-européenne.

 

Une célébration ancienne

Tout porte à croire que cette Norouz était déjà célébré il y a plus de 3 000 ans. On retrouve à Persépolis des bas reliefs y faisant référence, sous la dynastie des Achéménides (v. 555–330 av. J.-C.). Norouz était célébré avec majesté. Avec l’arrivée d’Alexandre le Grand, la Perse a connu des évolutions culturelles et il est difficile de connaître, avec précision, comment le Nouvel An était célébré. En effet, les témoignages et écrits datant de cette époque sont peu nombreux. Cependant, Norouz faisait partie intégrante du zoroastrisme et, sous la dynastie des Sassanides (224-654 de notre ère), il demeurait une tradition bien vivace.
D’ailleurs, Norouz faisait partie des sept plus importants festivals du zoroastrisme. Selon Mary Boyce, spécialiste des langues iraniennes et du zoroastrisme, « Il semble raisonnable de dire que Norouz, le plus saint d’entre eux [festivals], avec une profonde signification doctrinale, fut fondé par Zoroastre lui-même. » (Boyce, 1993, p. 105).
Les écrivains de cette époque ont laissé de nombreux témoignages de l’époque des Sassanides et de la manière grandiose dont était célébré Norouz. Quelques adaptations ont été apportées, mais sans réussir à modifier cette fête ancrée dans la culture perse. Même la volonté de certains émirs de transformer et de réduire cette célébration n’a pas été couronnée de succès. Pas plus que l’invasion du pays par les Moghols. Selon des poèmes de cette époque, Norouz a été un moyen de résistance de la Perse qui l’a aidé à garder son indépendance.
Tous les textes anciens, que ce soit la poésie, les récits de voyageurs européens ou des savants chiites, tous s’accordent à décrire une fête majestueuse, à la fois identitaire et religieuse.

 

Norouz aujourd’hui

C’est la fête traditionnelle iranienne par excellence, la seule qui nous vient de la Perse ancienne et qui est célébrée officiellement. Les anciennes coutumes datant au moins de l’époque des Abassides ont été conservées ; elles ont pour objet d’accueillir la nouvelle année. Les Iraniens nettoient de fond en comble leur maison, achètent de nouveaux vêtements, sautent au-dessus d’un feu pour se prémunir des maladies…
Parmi ces coutumes, les familles placent sur une table les haft sin, soit sept objets à forte symbolique, dont le nom commence par « s » en persan. En général, on y trouve des pièces d’or (prospérité), du vinaigre (âge et patience), de la verdure (renaissance), des pommes (beauté et santé), de l’ail (médecine), des jacinthes (l’arrivée du printemps), du sumac (la couleur du lever du soleil), une sorte de halva (la force), etc. À ces objets, on rajoute un bocal avec au moins deux poissons (la vie), un miroir (symbolisant le ciel, mais aussi la propreté et l’honnêteté), des olives de Bohême séchées (l’amour), des œufs peints (la fertilité), un livre sacré (Avesta, Coran) et/où de poésie (Hafez, Shâh Nâmâ, Ghatas)…
À l’annonce du début de Norouz, les Iraniens s’échangent des cadeaux, mangent des friandises et des fruits. On rend visite à la famille, aux amis, on renoue des liens, on cherche à effacer les malentendus…
Norouz reste lié au zoroastrisme. Il symbolise encore aujourd’hui la fin de l’hiver (Arhiman) et l’arrivée d’une nouvelle vie avec l’apparition du printemps (Ormuzd). Il revêt une grande importance pour les Iraniens, car il est fortement lié à leur passé et à leur identité.

 

 

Reconnaissance internationale

Depuis 2009, Norouz est inscrit sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité (UNESCO) et déclaré et reconnu, en 2010 par l’ONU, Journée internationale de la culture et de la paix.
Norouz est aussi connu, selon les pays, sous les appellations suivantes :
Nouruz, Norouz, Norooz, Narooz, Nawru, Nauruz, Nawroz, Noruz, Nohrooz, Novruz, Nauroz, Navroz, Naw-Rúz, Nowroj, Navroj, Nevruz, Newroz, Navruz, Navrez, Nooruz, Nauryz, Nevruz, Nowrouz.
Pays où Norouz est célébré : Iran, Afghanistan, Albanie, Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie, Iraq, Kazakhstan, Kosovo, Kirghizistan, Kurdistan, Russie, Syrie, Tadjikistan, Turquie, Turkménistan, Ouzbékistan.

 

 

 

Source: Bahrami Askar, Les Fêtes iraniennes

 

Via le site:  suite101.fr 

 

 

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3 réponses à “Norouz, le Nouvel An iranien”

  1. 20 03 2013
    Chahpour (19:55:04) :

    Now Rouz: le Nouvel An perse, héritage pérenne de la Perse antique, royale et mazdéenne

    Selon les traditions antiquissimes de l’Iran, le Now Rouz (Nouvel An perse), fête iranienne la plus populaire, a été fondé par le légendaire Roi aryen mazdéen Jamshid il y a 15 000 ans.

    C’est en raison de ses antiques origines, royale et zoroastrienne, que l’ayatollah Khomeyni tenta, bien en vain, d’INTERDIRE, en pleine Révolution islamique, cette grande fête « païenne » que les islamistes khomeynistes jugeaient impie et que les révolutionnaires antimonarchistes trouvaient trop royaliste.
    Le peuple iranien, au contraire, et par esprit de résistance, fêta le Now Rouz, cette année-là, avec encore plus d’éclat et de ferveur, s’opposant massivement à ce premier diktat de la Révolution islamique qui fut, sur ce point, obligée de s’incliner.
    Ce premier geste politico-culturel avorté des révolutionnaires khomeynistes, tant islamistes qu’autres, donne la pleine mesure du degré d’acculturation de ceux qui renversèrent la « Monarchie perse » pour lui substituer son antithétique antonyme, terme à terme, la « République islamique ».

    Chahpour, exilé royaliste perse, Paris

    Répondre

  2. 26 03 2013
    florence (02:34:23) :

    Bonjour,
    Bravo pour votre message.
    Je rajouterais, si vous le permettez, que c’est tout l’empire Perse qui a su résister aux nombreux envahisseurs craignant la fête de Norouz.
    Tout n’est pas à attribuer à l’Iran, qui est, certes, le berceau.
    Il faudra aussi faire le lumière sur Avicennes, que tout le monde dit iranien alors qu’il est né dans la région de Balkh, actuel Afghanistan. Et beaucoup d’autres penseurs, philosophes, astronomes à qui nous attribuons des origines iraniennes, au lieu de perse.
    Avec cordialité.
    Florence.

    Répondre

  3. 30 03 2013
    Pascal Marion (17:22:09) :

    Bonjour,

    Article intéressant, sauf que vous auriez dû mentionner le nom de l’auteur !
    En effet, c’est moi qui ai publié ce texte sur le site suite101.fr et je souhaiterais que vous indiquiez la source réelle. D’avance merci.

    Pascal

    Répondre

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